Littérature

De l’Ancien Empire, il ne nous est parvenu aucune œuvre qu’on puisse qualifier de littéraire: les textes des pyramides sont de nature purement religieuse et magique, et les inscriptions tombales comme les biographies sont des récits très simples qui ne témoignent d’aucune recherche de style ou de composition. L’époque suivante nous a, par contre, fourni une longue série d’ouvrages qui, s’ils ne sont pas très étendus, ont du moins un caractère littéraire très marqué. Ces écrits sont de toute sorte, de vrais poèmes comme le chant du harpiste ou le dialogue d’un désespéré avec son âme, des contes comme l’histoire de Sinouhit et celle du roi Khéops et des magiciens, des morceaux d’éloquence comme la plaidoirie du paysan, des traités de morale comme les préceptes de Kaqemna et de Ptahhotep. A côté de cela on trouve encore de nombreux livres religieux ou magiques, des livres de médecine et des traités scientifiques. Tous ces ouvrages sont composés dans une langue très belle et très pure, encore exempte de tout élément étranger, avec une recherche de style marquée, des phrases simples et claires dans lesquelles on voit que les scribes égyptiens affectionnaient l’allitération et le jeu de mots, tout en employant toujours le mot propre. Ces papyrus, qui nous sont parvenus en très bon état de conservation, ne constituent pas un des moindres titres de gloire du Moyen Empire et c’est avec raison qu’on a pu dire de cette période qu’elle est l’époque classique de la littérature égyptienne.


[CHAPITRE VII]

NOUVEL EMPIRE
(1500 à 332 avant J.-C.)

A. HISTOIRE