C’est aussi surtout à partir de l’époque saïte que se développe une branche nouvelle de la statuaire: jusqu’alors le métal, et surtout le bronze, était rarement employé par les sculpteurs; ils en usent maintenant de préférence à toute autre matière, pour modeler des statuettes de divinités qui nous sont parvenues en quantité innombrables, témoignant ainsi d’une nouvelle transformation dans le domaine religieux. Chacun sans doute voulait avoir dans sa maison l’image de la divinité à laquelle il vouait un culte spécial, ce qui n’était pas le cas aux époques antérieures. On faisait aussi parfois des statuettes de rois ou de particuliers en bronze, mais en bronze incrusté d’argent, et cela déjà sous les dynasties qui précédèrent les saïtes.
Dans les bas-reliefs qui couvrent les parois de certains tombeaux, le haut des stèles et divers autres monuments, on retrouve la même recherche d’élégance et de grâce, la même perfection du modelé, qualités réelles mais qui rendent ces bas-reliefs un peu moins puissants que ceux des périodes antérieures, parfois moins expressifs. Dans les temples, où la surface à couvrir était immense, la décoration est traitée généralement d’une façon plus large, souvent plus sommaire, en relief à l’intérieur du monument, en creux ou en relief dans le creux sur les façades extérieures, en raison de la vive lumière et suivant une méthode exclusivement égyptienne.
Peinture
De plus en plus la peinture tend à redevenir ce qu’elle était à l’origine, un art indépendant, et à s’affranchir de la tutelle du bas-relief dont elle est en réalité la sœur aînée. Les peintres ont plus souvent l’occasion d’exercer leur talent, maintenant que les tombeaux sont généralement creusés dans une roche friable, qui ne permet pas l’emploi de la sculpture pour la décoration; ils ont acquis une sûreté de main remarquable, et se laissent aller plus librement à leur imagination et à leur fantaisie. Les scènes présentent toujours les mêmes sujets, mais la manière de les traiter est plus personnelle, la recherche du motif pittoresque plus fréquente; on continue néanmoins, pour les principales figures tout au moins, à procéder par teintes plates, simples, sans ombres, avec un léger sertissage noir ou rouge; les détails sont faits en surcharge. Les motifs végétaux abondent, qu’il s’agisse de bouquets ou de guirlandes faisant partie des scènes elles-mêmes, de plantes agrémentant le paysage ou de frises courant au haut des parois. Sur les plafonds, des motifs réguliers reproduisent les modèles employés pour les étoffes ou la vannerie en couleur.