C’est aussi la peinture qui contribue pour la plus large part à la décoration des édifices civils, ainsi ces palais de Tell el Amarna et de Medinet Habou, dont il ne reste que les dallages en stuc, où sont peints avec une verve charmante des étangs entourés de buissons où s’ébattent des animaux de tout genre. (Fig. [218]).
Quant aux scènes peintes sur les très nombreux sarcophages de l’époque, elles n’ont pas à proprement parler un caractère artistique. Par contre les enluminures des papyrus funéraires, Livre des Morts ou compositions mythologiques, sont souvent d’une réelle beauté.
Arts industriels
Les progrès continuent à s’affirmer pour tout ce qui rentre de près ou de loin dans la catégorie des arts industriels, sauf cependant en ce qui concerne les bijoux et les vases en pierre: le trésor d’Aahhotep et les autres objets de parure du musée du Caire, même les splendides pièces du Serapeum, aujourd’hui au Louvre, ne sont pas comparables, pour la perfection du travail, aux bijoux de Dahchour, de la XIIme dynastie; les procédés sont cependant les mêmes, sauf que dans l’incrustation, les pierres sont toujours remplacées par des émaux et que la ciselure est aussi moins fine et moins délicate.
Les vases de pierre sont beaucoup moins nombreux qu’autrefois, et l’on se contente le plus souvent de déposer dans les tombes de faux vases en bois peint de manière à imiter les pierres les plus rares; il ne nous est guère parvenu que des vases d’albâtre, très beaux du reste de forme et de facture. Par contre les vases en métal sont de plus en plus en faveur, et surtout les vases d’apparat en or et en argent, aux formes les plus variées, importées en Egypte de Syrie, de Phénicie, de Crète et des îles grecques; les peintures et les bas-reliefs nous permettent d’apprécier ces merveilles d’orfèvrerie.
L’industrie de l’émail prend au Nouvel Empire un développement inattendu; très habiles à manier cette matière, les ouvriers égyptiens en font des vases de formes diverses, de ce beau bleu profond qui est presque inimitable des statuettes funéraires, et plus tard quantité de petites figurines de divinités, sans parler des innombrables perles et autres objets de parure; enfin ils appliquent les émaux polychromes à la décoration de certains édifices. C’est de cette époque aussi que date l’invention du verre, non pas encore du verre soufflé, mais du verre multicolore fondu, dont on faisait de charmants petits vases, à décoration ondulée; ces vases étaient non seulement employés dans le pays même, mais servaient surtout d’objets d’exportation et ont été retrouvés un peu partout dans les pays méditerranéens. Il est reconnu maintenant que cette importante invention, attribuée autrefois à tort aux Phéniciens, doit être restituée aux Egyptiens.