Les meubles sont généralement simples de lignes et de formes, sobres d’ornementation, exactement appropriés à leur destination. Il en est cependant de plus soignés de travail, qui ont appartenu à des rois ou à des princes, et qui peuvent être considérés comme de véritables œuvres d’art; ce sont des fauteuils, des lits, des coffrets, même des chariots dans lesquels n’entre pas seulement le travail de l’ébéniste, mais aussi celui du stuqueur, qui les couvre de délicats bas-reliefs en gesso, et celui de l’ouvrier en cuir qui les orne de panneaux en cuir repoussé ou incrusté de diverses couleurs.
Enfin les plus charmants peut-être des objets d’art sont de simples ustensiles de toilette en bois sculpté ou ajouré, parfois en ivoire, cuillères à parfums, pots à fard, œuvres d’une fantaisie toute personnelle, donnant la mesure de ce à quoi pouvaient arriver les ouvriers d’art égyptiens.
C. CIVILISATION
Royauté
Qu’il soit tout-puissant et maître d’un immense empire, ou réduit à une seule petite province, le roi est toujours pour ses sujets un être d’extraction divine dont l’autorité n’est pas contestable. Cette autorité repose sur la pureté du sang royal, et nous voyons la plupart des rois du Nouvel Empire attacher plus de prix encore que leurs prédécesseurs à cette question, et épouser de préférence une demi-sœur, née d’une mère plus noble que la leur, pour diminuer la quantité de sang vulgaire qui s’était introduit dans leur race; parfois même un dieu se chargeait d’infuser lui-même à l’enfant royal un sang divin plus pur encore, comme cela eut lieu pour Aménophis III. Quand un usurpateur montait sur le trône, il se hâtait d’épouser une princesse de lignée royale et légitimait ainsi en quelque sorte son accession à la couronne. Lors du morcellement de l’Empire, les roitelets qui se partagèrent le pouvoir se rattachaient tous plus ou moins à la vieille race pharaonique et avaient des droits sensiblement égaux, mais il était curieux de constater que le sang royal le plus pur se conservait non plus chez des Egyptiens, mais chez des nègres, comme Piânkhi l’Ethiopien et sa famille.
La reine, ou plutôt la favorite, puisque souvent les rois eurent plusieurs femmes, avait à côté de son époux une place très importante et souvent une grosse influence; il arriva même à certaines d’entre elles de monter sur le trône en qualité de roi d’Egypte.