Gouvernement
Au moment où les rois de la XVIIIme dynastie réunissent de nouveau toutes les parties du pays sous leur sceptre, la féodalité a entièrement disparu et l’administration est centralisée entre les mains d’un grand vizir et d’un nombre considérable de fonctionnaires subalternes; le roi garde du reste la haute main dans le gouvernement et tout se fait en son nom, qu’il s’agisse de travaux publics, de finances, d’affaires étrangères ou de commerce. La justice, comme autrefois, est entre les mains d’une magistrature spéciale, et les provinces asiatiques sont gouvernées par des indigènes sous la surveillance d’officiers égyptiens, tandis que la Nubie est administrée par un vice-roi nommé par le pharaon et qui est souvent un de ses fils.
Nous avons vu l’influence grandissante du clergé d’Amon, arrêtée un moment par la réforme de Khounaten, reprendre de plus belle, et les grands prêtres se saisir successivement du pouvoir effectif, puis d’une partie du pouvoir nominal. A partir de ce moment le pontificat cesse d’être entre les mains d’une seule famille et chaque fois qu’une des dynasties rivales prend la prédominance sur les autres, elle installe sur le trône d’Amon un prince de sa race qui est plutôt un gouverneur de la Haute Egypte qu’un grand prêtre. Enfin les rois éthiopiens suppriment cette dignité et installent à Thèbes une grande prêtresse d’Amon, princesse de la famille royale; les rois saïtes ne font que confirmer cette charge en la confisquant au profit de leurs filles, afin que cet état dans l’Etat demeure une force pour la couronne et non pas une menace.
Relations extérieures Commerce
L’extension des frontières de l’Egypte vers le nord et le sud devait nécessairement favoriser le commerce qui prend un développement considérable dès le début du Nouvel Empire. Les produits étrangers affluent dans la vallée du Nil, tant sous la forme de tributs livrés au roi lui-même, que sous celle de marchandises d’échange, et là encore il semble que tout se fasse par l’entremise du gouvernement. Ce ne sont pas seulement les pays soumis à la suzeraineté de l’Egypte, comme la Syrie, la Phénicie, la Palestine, la Nubie, qui y envoient leurs produits, mais des contrées absolument indépendantes, comme Chypre, la Crète, les îles grecques, le Soudan, le pays de Pount, grâce à des expéditions maritimes qui avaient toujours un caractère officiel, l’Etat disposant seul de moyens suffisants pour faire marcher le trafic extérieur; ainsi l’on peut dire, presque avec certitude, que le gouvernement s’était réservé le commerce international, ne laissant aux particuliers que le commerce intérieur. A cet effet, des lois protégeaient les industries locales et il était interdit aux ouvriers spécialistes de passer à l’étranger. L’évaluation des marchandises se faisait en or ou en argent, au poids, et on se servait pour les échanges d’anneaux de métal qui, n’étant pas poinçonnés par l’Etat, devaient être pesés à nouveau chaque fois; le plus souvent, du reste, on procédait simplement par échange de denrées, après entente.
Quant à la nature des marchandises importées, c’étaient surtout, comme autrefois, des matières premières, métaux, bois précieux, ivoire, peaux et plumes, encens, et aussi des matières ouvrées, entre autres ces merveilleux vases d’orfèvrerie dont nous avons déjà parlé. En échange, on donnait de la verrerie, des émaux, sans doute des bijoux, en un mot tous les produits de l’industrie égyptienne, mais surtout des grains.