Vie civile
Vêtement
Il n’y a pas de transformation notable à enregistrer dans les conditions de la vie ordinaire, qu’il s’agisse des grands personnages ou des gens du commun; de même les habitations n’ont guère varié. Par contre le costume subit un changement important: les gens du peuple ont bien toujours le pagne simple enroulé autour des hanches, mais tout individu appartenant à une classe un peu plus élevée porte par-dessus ce pagne une ample robe en toile fine, parfois presque transparente, dont la forme et la coupe sont variables. De même les femmes ne portent plus volontiers la robe courte et étroite des anciens temps, mais un vêtement analogue à celui des hommes, un peu plus collant néanmoins sur le buste, élargi du bas et tombant jusqu’à terre; les manches sont parfois très courtes, parfois longues et larges. L’un et l’autre sexe porte la perruque, des bijoux aux couleurs vives, colliers, bracelets et périscélides, et aux pieds de longues sandales en papyrus ou en cuir. Le costume royal est sensiblement le même, bien qu’un peu plus riche, que celui des sujets.
Armée
Les rois hyksos avaient amené de Syrie en Egypte le cheval, et cet animal qui s’était rapidement acclimaté dans le pays, offrait aux Egyptiens du Nouvel Empire un mode de locomotion nouveau; jamais ils ne songèrent à le monter, semble-t-il, mais ils l’attelaient à de légers chariots à deux roues avec lesquels les grands personnages faisaient leurs tournées dans le pays. C’est cependant surtout au point de vue militaire que l’introduction du cheval eut pour les Egyptiens une grande importance, puisque désormais la charrerie joua dans leurs armées le principal rôle et qu’elle fut pour beaucoup dans la conquête de la Syrie. La méthode de combat subit donc une transformation: avant le choc qui devait amener la fin d’une bataille, la charge des escadrons de chars, les soldats qui montaient ces chars combattaient de loin avec leurs grands arcs; c’est même la raison pour laquelle l’arc était devenu l’arme favorite des rois.
L’infanterie est toujours composée en partie d’Egyptiens, en partie de mercenaires étrangers qui sont sa véritable force, que ce soient, comme sous les Thébains, des Soudanais, des Shardanes ou des Libyens, ou, comme plus tard sous les Saïtes, des Grecs. Cette armée royale, déjà instituée sous le Moyen Empire, a été complètement réorganisée en corps d’armées bien distincts sous un commandement commun, mieux équipée et mieux armée et surtout bien exercée. Après une campagne officiers et soldats recevaient leur part du butin, souvent en captifs qui étaient employés à la culture de terres mises par le gouvernement à la disposition des soldats, et ces captifs, qui n’étaient pas de véritables esclaves, se mêlaient rapidement à la population indigène. Le roi décernait aussi, pour récompenser les hauts faits de guerre, de véritables décorations et autres distinctions honorifiques.
Marine
Les rois d’Egypte avaient sous le Nouvel Empire une vraie marine de guerre que nous voyons parfois jouer le rôle décisif dans une bataille, mais c’était surtout la marine marchande qui, avec l’extension du commerce, tendait à prendre toujours plus de développement. Les navires destinés à la mer étaient semblables de forme et de gréement à ceux employés sur le Nil, mais plus grands et plus solidement construits; ils remontaient du reste le fleuve, même jusqu’à Thèbes, et ainsi nous voyons sous Hatshepsou les mêmes bateaux charger des marchandises dans le pays de Pount, au sud de la mer Rouge, et les débarquer dans le port de la capitale: un canal souvent ensablé et aujourd’hui disparu, faisait alors communiquer un des bras du Nil, dans le Delta, avec le fond du golfe de Suez. Enfin les marins égyptiens donnent la mesure de leur audace et de leurs capacités quand, sous Néchao, ils s’embarquent pour leur grand voyage de découverte autour de l’Afrique, la première en date de toutes les grandes expéditions maritimes.