Les observations astronomiques prouvant la fréquence relative de ces destructions, on peut se demander si la fin des univers par explosion brusque, après une longue phase de vieillesse, ne serait pas leur terminaison la plus générale.
Ces brusques anéantissements se manifestent par l’apparition subite dans le ciel d’un astre incandescent qui pâlit et s’évanouit parfois en quelques jours, ne laissant souvent rien derrière lui, ou seulement une faible nébuleuse.
Lorsque se montre le nouvel astre, son spectre, d’abord analogue à celui du soleil, prouve qu’il contient des métaux semblables à ceux de notre système solaire. Puis, en peu de temps, ce spectre se transforme et devient finalement celui des nébuleuses planétaires, c’est-à-dire ne contient que des raies d’éléments simples et peu nombreux, dont quelques-uns inconnus. Il est donc évident que les atomes de l’étoile temporaire se sont rapidement et profondément transformés.
Cette évolution descendante est l’inverse de celle signalée dans l’évolution ascendante des étoiles. Celles-ci contiennent, lorsqu’elles sont très chaudes, des éléments simples devenant de plus en plus compliqués et nombreux à mesure qu’elles se refroidissent.
Ces étoiles transitoires, résultant sans doute de l’explosion brusque d’un monde accompagné de la désintégration des atomes, ne sont pas rares. Il ne se passe guère d’années sans qu’on en observe directement ou par l’étude des clichés photographiques. Une des plus remarquables fut celle observée récemment dans la constellation de Persée. En quelques jours elle atteignit un éclat qui la rendit la plus brillante étoile du ciel ; mais 24 heures après elle commença à pâlir, son spectre se transforma lentement, devint, comme il a été dit plus haut, celui des nébuleuses planétaires, preuve évidente, je le répète, d’une dissociation atomique. Au moment même où s’opérait cette transformation, des photographies à longue pose montrèrent autour de l’astre des masses nébuleuses, produits sans doute de la dissociation atomique et qui s’éloignaient de l’étoile avec une vitesse de l’ordre de celle de la lumière, c’est-à-dire analogue à celle des particules qu’émettent les corps radio-actifs en se dissociant. Les astronomes assistèrent donc à la destruction rapide d’un monde.
L’exposé qui précède peut se résumer en quelques lignes.
On imagine le monde formé d’abord d’atomes diffus d’éther, qui, sous l’action de causes diverses, notamment de leur rotation, ont emmagasiné de l’énergie. Cette énergie, dont une des formes est la matière, se dissocie et apparaît sous des états divers : électricité, chaleur, etc., de façon à ramener la matière à l’éther. Rien ne se crée veut dire que nous ne pouvons pas créer de la matière. Tout se perd signifie que la matière disparaît complètement comme matière en retournant à l’éther. Le cycle est donc complet, il y a deux phases dans l’histoire du monde : 1o condensation de l’énergie sous forme de matière ; 2o dépense de cette énergie.
Cette destruction finale est peut-être suivie, dans la suite des âges, d’un nouveau cycle de naissance et d’évolution, sans qu’il soit possible d’assigner un terme à ces destructions et à ces recommencements probablement éternels.