[!--Note--] 56 ([retour])
Ibid.
[!--Note--] 57 ([retour])
Mémoires, III, p. 440.
[!--Note--] 58 ([retour])
C'est ainsi qu'en 1564 un édit de l'évêque de Lérida constate que «han sucedido de la conversación de los estudiantes y otras personas algunos peligros y escándalos» et fait défense aux étudiants âgés de plus de quatorze ans de pénétrer dans les couvents de femmes sous peine d'excommunication. (D. Jaime Villanueva, Viage literario á las Iglesias de España, XVII (1851), pp. 277, 278.)
[!--Note--] 59 ([retour])
Voir les protestations indignées de Guzman d'Alfarache, op. cit., VI.
Pour ceux, plus nombreux, qui ne se contentent pas de ces idylles romanesques et un peu perverses, ils n'ont que trop d'occasion de satisfaire leur goût pour les réalités. Malgré les terribles menaces des règlements universitaires, Salamanque est remplie d'aimables personnes d'abord engageant et de vertu peu farouche. Elles sont logées pour l'ordinaire dans la ville basse, aux bords du Tormès et en ce quartier [p. 54] des tanneries où la fameuse Célestine exerça, dit-on, son métier. On peut les rencontrer le matin aux offices où elles ne manquent guère; elles se tiennent, l'après-midi, sur leur balcon, exposant aux regards un visage fardé et une gorge fort découverte; le soir venu, on va les retrouver à la taverne; parfois même on réussit à les introduire dans les pensions ou dans les Collèges, et ce sont alors des fêtes inoubliables, dont l'inquiétude double le plaisir.
On voit parfois apparaître d'autres étoiles plus brillantes, étoiles parties on ne sait d'où, qui souvent ont déjà jeté quelques feux en Italie ou dans les Flandres et qui disparaîtront aussi brusquement qu'elles sont venues[ 60]. Ces belles étrangères ne se montrent pas en toutes les saisons: elles viennent à Salamanque au moment où les vacances viennent de finir et où les étudiants ont encore la bourse pleine, de même qu'elles vont à Séville pour l'arrivée des galions. Elles louent une maison sérieuse et de belle apparence; elles n'en sortent que rarement et toujours en pompeux équipage. A leur côté marche quelque duègne ou quelque tante d'emprunt, [p. 55] vénérable matrone, dont la mante sombre, les larges coiffes blanches, le chapelet à gros grains et la longue canne en jonc des Indes ne peuvent inspirer que le respect; un vieil écuyer va derrière, à qui sa golille empesée, sa rapière et son baudrier donnent des airs de gentilhomme. On voit tout de suite qu'une telle proie n'est point pour ces «jeunes corbeaux qui s'abattent sans discernement sur toute espèce de chair[ 61]», pour ces chétifs vade-mecum[ 62] qui ne peuvent réunir pour une sérénade que quatre «musiciens de voix et de guitare», une harpe, un psalterion et quelques joueurs de sonnailles[ 63]. Il faut pour la conquérir autre chose que ces maigres présents dont se contentent les pauvres filles, limons, oublies, «pastilles de bouche», bijoux en argent doré, dentelles de bas prix venues de Lorraine ou de Provence. Elle ne cède qu'aux colliers de perles, aux belles guipures de Hollande, aux chaînes d'or de cent ducats. Quand elle a pris, comme dit Cervantes, «à ses [p. 56] appeaux» quelqu'un de ces beaux galants, riches comme des «Péruviens» et qui savent jeter les doublons par les fenêtres, de ceux qu'on appelle à Salamanque les Generosos[ 64], elle a vite fait de le dépouiller et elle s'envole vers d'autres cieux,—à moins qu'intervenant à propos le Corregidor ne confisque un bien mal acquis et ne condamne l'aventurière à demeurer tout un jour sur une des places de la ville, attachée à une échelle, coiffée du bonnet pointu, exposée aux risées du petit peuple.
[!--Note--] 60 ([retour])
Cervantes, El Licenciado Vidriera.
[!--Note--] 61 ([retour])
Cervantes, La Tía Fingida.
[!--Note--] 62 ([retour])
Ce surnom des étudiants leur vient de leur portefeuille, ou vade-mecum.
[!--Note--] 63 ([retour])
Cencerros, colliers de grelots, qui faisaient l'accompagnement.