[!--Note--] 111 ([retour])
Cette coutume du Vejamen était si généralement admise que Cisneros lui fit sa place dans les Statuts même de l'Université d'Alcalá: «Tandem aliquis de Universitate praefata faciet vexamen jocosum.»
Le Vejamen achevé, le cortège officiel vient reprendre le candidat et le conduit dans la nef de la cathédrale, où doit avoir lieu la réception solennelle. Une immense estrade y a été dressée, où prennent place les hauts dignitaires, les docteurs et les maîtres, tandis que jouent les haut-bois, [p. 87] les trompettes et les tambourins[ 112]. Le candidat prononce, en latin, un discours soigneusement travaillé. Le parrain lui répond par une autre harangue latine qu'il écoute, à genoux sur un coussin; puis, s'approchant de lui, il lui confère les insignes du grade. Il lui passe au doigt l'anneau d'or en disant: «Cet anneau est le gage de l'union indissoluble que contracte avec toi la Science: applique toi à te montrer digne époux d'une telle épouse.» Il lui met un livre entre les mains en prononçant ces mots: «Voici le livre. Je l'ouvre pour te faire entendre que tu pénétreras les mystères du savoir humain; je le ferme pour que tu apprennes à les tenir enfermés, quand il le faudra, au plus profond de ton âme[ 113].» Il le coiffe ensuite du bonnet de [p. 88] docteur, il le fait monter dans une chaire, toujours en récitant les formes consacrées; il l'embrasse enfin en lui disant: «Viens donc dans mes bras, reçois ce baiser de paix et d'amour; que ce témoignage de tendresse te lie éternellement à moi et à l'Université, notre mère.»
[!--Note--] 112 ([retour])
Lope de Vega a encore célébré dans une autre de ses pièces, El Bobo del Colegio (II, 4), la pompe de ces cérémonies:
«Fabio.—No pienso yo que el Imperio,
Cuando á su elección se hallan
Los príncipes electores,
Ya con mitras, ya con armas,
Resplandece en mayor vista
Que cuando ocupan sus gradas
Tantas borlas de colores