Verdes, azules y blancas,

Carmesíes y amarillas...»

[!--Note--] 113 ([retour])
A l'Université d'Alcalá, les docteurs en droit civil ou canon reçoivent en outre le ceinturon avec la dague, les éperons et l'épée. (La Fuente, Historia de las Universidades, II, p. 621; Appendice.)

Le nouveau docteur s'avance alors au milieu de l'estrade, récite à voix haute son acte de foi et prête serment. La cérémonie est terminée. Dans toute l'église les acclamations éclatent, tandis que sur des plateaux d'argent les huissiers vont offrir les cadeaux d'usage: à chacun des docteurs et maîtres, des gants, une barrette et deux doublons; au parrain et au chancelier, cinquante florins; cent réaux au bedeau et au notaire des écoles.

La cathédrale se vide, et toute l'assistance se rend sur la vaste place de Saint-Martin—qui est devenue aujourd'hui la Plaza Mayor.—Le maître des cérémonies l'a fait disposer pour la course de taureaux, qui est déjà à cette époque l'accompagnement obligé de toutes les fêtes, [p. 89] même des fêtes de canonisation[ 114]. Les arcades ont été fermées par une haute barrière derrière laquelle le peuple s'entasse. Les magistrats de la ville, les corps constitués se sont installés aux fenêtres des maisons que doivent leur céder en ces occasions-là leurs légitimes propriétaires. Un large balcon est réservé à l'Université: dès que le cortège s'y est assis, les trompettes sonnent, le Corregidor fait en voiture le tour de la plaza, et la course commence.

[!--Note--] 114 ([retour])
Il y eut, par exemple, des courses à Salamanque pour la canonisation de sainte Thérèse, en 1622, et pour celle de san Juan de Sahagún. (Villar, Historia de Salamanca.)

Cinq taureaux, pour le moins, doivent paraître dans l'arène; une commission nommée par le Cloître des Docteurs[ 115] a été les choisir quelques jours auparavant dans une ganadería voisine. Les toreros de profession sont fort rares en ce temps-là: chacun peut aller, à son gré, montrer son courage et son adresse.

[!--Note--] 115 ([retour])
L'assemblée des professeurs titulaires.

Le premier jeu consiste à attirer le taureau, à le détourner à droite ou à gauche par un brusque mouvement de la cape rouge et à éviter les cornes redoutables, sans remuer les pieds, par une légère inclinaison du corps. Quand [p. 90] l'animal commence à se lasser, un signal est donné par le président de la course: «Pour lors, raconte un voyageur, tous ceux qui sont dans le clos accourent, l'épée à la main, et tâchent de lui couper les jarrets pour le mettre bas et le faire mourir. Il y a alors, ajoute-t-il, bien du désordre et du danger[ 116].» Ce premier jeu est plutôt l'affaire «des gens de peu et de nulle considération».

[!--Note--] 116 ([retour])
Voyage d'Espagne de M. de Monconys (1628).