«Moi, François, qui avais, en l'honneur des [p. 121] Muses, élevé ce lycée superbe, j'y repose maintenant dans un étroit sarcophage.»
[!--Note--] 149 ([retour])
Plus tard, les revenus de l'Université s'élevèrent à 42,000 ducats.
Quelques années plus tard, après sa défaite de Pavie, François Ier, qu'on emmenait prisonnier à Madrid, dut traverser la ville d'Alcalá. Les professeurs, les collégiaux et les étudiants furent le recevoir respectueusement aux portes de la cité et le conduisirent aux Écoles. Le monarque déchu parcourut silencieusement les cloîtres, les salles d'honneur et toutes les dépendances du vaste édifice. Il ne parla qu'à la fin de la visite, au moment de prendre congé du Recteur et des autres dignitaires, et il jugea d'un mot cette œuvre, si vite épanouie, d'une seule pensée et d'un unique effort: «En vérité, on n'appliquera pas à votre fondateur le mot de l'Évangile: Hic homo cœpit ædificare et non potuit consummare, «Cet homme a commencé à construire et il n'a pas terminé son ouvrage». Votre Jiménez a fait à lui seul plus que n'ont fait en France une suite de rois.»
CHAPITRE III.
LES PETITES UNIVERSITÉS ET LES UNIVERSITÉS «SILVESTRES».
A côté d'Alcalá, à côté de Salamanque, à laquelle sa nouvelle rivale ne porte point ombrage et qui atteint même en ce temps-là le plus haut point de sa prospérité,—à côté de Valladolid, magnifiquement dotée, fortement appuyée sur son Colegio Mayor de Santa Cruz, sur son collège dominicain de San Gregorio et sur tant d'autres qui ont crû de toutes parts dans cette grande ville, illustre par son passé, séjour préféré des rois, véritable centre de la monarchie;—à côté de Valence, également opulente et fréquentée, pourvue de chaires de toutes sortes et particulièrement célèbre par la valeur de ses études médicales, quelques-unes des Universités qu'a fait naître si subitement le mouvement intellectuel de l'Espagne se développent régulièrement, mais sans grand éclat.
Celle de Saragosse est servie par une situation particulièrement favorable; elle prospère au sein d'une population laborieuse. Celle de Santiago se soutient aisément par les rentes ecclésiastiques qui ne manquent jamais dans une cité enrichie par les pèlerinages; celle d'Ávila dispose d'un capital considérable, prélevé par Ferdinand et Isabelle sur les sommes qu'ils ont confisquées aux juifs.