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L. Massebieau, Les Colloques scolaires du seizième siècle, p. 159.
Salamanque et les autres grandes Universités sont le centre de cette vie débordante. Toutes les classes de la société leur donnent le meilleur [p. 154] de leur jeunesse. Dans les archives de Salamanque, sur les registres où s'inscrivent alors, chaque année, sept mille étudiants, on peut voir représentées toutes les grandes maisons d'Espagne: Léon, Castille, Aragon, Tolède, Cordoue, Pimentel, Mendoza, Manrique, Lara, Sandoval, Silva, Luna, Dávalos, Villena, Pacheco, Padilla, Maldonado, Fonseca.
Ces jeunes seigneurs croient s'honorer en briguant les charges universitaires, les fonctions de Recteur ou d'Écolâtre[ 182]. Certains même se présentent aux concours et montent dans les chaires. A Salamanque, un petit-fils du «bon comte» de Haro, D. Pedro Fernández de Velasco, qui sera connétable de Castille, explique Ovide et Pline. Plus tard, D. Alonso Manrique, fils du comte de Paredes, enseignera le grec à Alcalá.
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En 1488, le Maestrescuela était un fils du duc d'Albe.
Des jeunes filles vont s'asseoir sur les bancs des Universités et quelques-unes y professent, comme cette Doña Lucía de Medrano que Marineo entendit commenter des textes latins à Salamanque, ou cette Francisca de Nebrija, fille de l'illustre érudit, qui, aux Écoles d'Alcalá, suppléa quelque temps son père dans la chaire [p. 155] de rhétorique[ 183]. Les étudiants pauvres apportent aux études un zèle inaccoutumé depuis que, par une mesure libérale, qui malheureusement ne sera pas longtemps observée, les Rois Catholiques les ont dispensés des propinas ou frais d'examen[ 184].
[!--Note--] 183 ([retour])
Nebrija avait en effet passé, nous l'avons dit, de l'Université de Salamanque à celle d'Alcalá.
[!--Note--] 184 ([retour])
En 1496.
Une lettre de Pierre Martyr nous montre quelle belle ardeur enflammait cette jeunesse[ 185].
[!--Note--] 185 ([retour])
Epist. 57.
On l'avait souvent pressé de venir enseigner à Salamanque: il s'y était toujours refusé; mais sur les instances de quelques professeurs, dont deux au moins, Antonio Blaniardo et Lucio Marineo, étaient ses compatriotes et ses amis, il consentit à y faire une leçon.