Ce dernier argument parut décider Paul Maresmes.

«Ah! oui, ce pêcheur de la Petite Marine, qui parle français.

—Il viendra, ne désespère pas; et quant à son langage, toi qui sais l'italien, tu le comprendras toujours.

—J'attendrai.

—Oh! la dolente mine, mon pauvre Paul!

—Raille, faux ami!

—Pardonne-moi, et allons essayer les lits de Mme Tibère.

—Oui, si les moustiques et les puces le permettent.

II

Le lendemain matin, bien reposés, Paul et Julien partaient sous la conduite du pêcheur Pagano: ce dernier avait dépassé la cinquantaine, mais, petit et trapu, il semblait d'une force et d'une agilité extraordinaire; sa figure franche, son air ouvert, presque candide, plurent immédiatement aux deux jeunes gens, et sa conversation, parfois émaillée de mots italiens et de locutions françaises, était facile à comprendre.