Moitié charmé, moitié étonné, Paul resta cloué à sa place, tandis que le peintre riait aux éclats. Elle en profita pour s'élancer comme une folle dans le sentier horriblement escarpé qui conduisait à la mer et disparaître en quelques secondes.
«La malheureuse va se tuer! cria Paul voulant la suivre.
—Elle t'a ensorcelé avec son baiser! dit Julien, en retenant fortement son ami qui allait perdre l'équilibre et rouler dans le précipice.
—Ne craignez rien! ajouta Pagano qui s'était rapproché, la Giovanna ne se tuera pas.» Il montra du doigt la jeune fille déjà parvenue au bord de la mer et se perdant derrière les rochers.
«La singulière fille! reprit le poëte qui cherchait vainement à l'apercevoir encore.
—Prends garde à la Sirène, Paul, elle te veut du bien.
—Ne crains rien, je saurai résister à son charme.
—Défends ton cœur contre son amour et ne sois pas aussi sensible à ses baisers.
—Bah! tu veux rire, Julien; je n'y pense même plus.
—Alors, en route; nous avons encore du chemin à faire avant d'arriver à la Petite Marine.»