La porte céda, et sa femme se jeta sur son cœur en balbutiant: «Oh! quelle terreur! quelle surprise! quelle joie!»
Alors, il commença à se dévêtir, méthodiquement, comme il faisait tout. Et il reprit, sur une chaise, son pardessus qu’il avait l’habitude d’accrocher dans le vestibule. Mais, soudain, il demeura stupéfait. La boutonnière portait un ruban rouge!
Il balbutia: «Ce... ce... ce paletot est décoré!»
Alors sa femme, d’un bond, se jeta sur lui, et lui saisissant dans les mains le vêtement: «Non... tu te trompes... donne-moi ça.»
Mais il le tenait toujours par une manche, ne le lâchant pas, répétant dans une sorte d’affolement: «Hein?... Pourquoi?... Explique-moi?... A qui ce pardessus?... Ce n’est pas le mien, puisqu’il porte la Légion d’honneur?»
Elle s’efforçait de le lui arracher, éperdue, bégayant: «Écoute... écoute... donne-moi ça... Je ne peux pas te dire... c’est un secret... écoute.»
Mais il se fâchait, devenait pâle: «Je veux savoir comment ce paletot est ici. Ce n’est pas le mien.»
Alors, elle lui cria dans la figure: «Si, tais-toi, jure-moi... écoute... eh bien! tu es décoré!»
Il eut une telle secousse d’émotion qu’il lâcha le pardessus et alla tomber dans un fauteuil.
—Je suis... tu dis... je suis... décoré.