Une lettre adressée à M. Duretour fut trouvée sur la table du suicidé. Elle ne contenait que cette ligne:

«Je vous laisse et je vous confie le petit.»

Le Petit a paru dans le Gaulois du dimanche 19 août 1883.


LA ROCHE
AUX GUILLEMOTS.

VOICI la saison des guillemots.

D’avril à la fin de mai, avant que les baigneurs parisiens arrivent, on voit paraître soudain, sur la petite plage d’Étretat, quelques vieux messieurs bottés, sanglés en des vestes de chasse. Ils passent quatre ou cinq jours à l’hôtel Hauville, disparaissent, reviennent trois semaines plus tard; puis, après un nouveau séjour, s’en vont définitivement.

On les revoit au printemps suivant.

Ce sont les derniers chasseurs de guillemots, ceux qui restent des anciens; car ils étaient une vingtaine de fanatiques, il y a trente ou quarante ans; ils ne sont plus que quelques enragés tireurs.

Le guillemot est un oiseau voyageur fort rare, dont les habitudes sont étranges. Il habite presque toute l’année les parages de Terre-Neuve, des îles Saint-Pierre et Miquelon; mais, au moment des amours, une bande d’émigrants traverse l’Océan, et, tous les ans, vient pondre et couver au même endroit, à la roche dite aux Guillemots, près d’Étretat. On n’en trouve que là, rien que là. Ils y sont toujours venus, on les a toujours chassés, et ils reviennent encore; ils reviendront toujours. Sitôt les petits élevés, ils repartent, disparaissent pour un an.