—Es-tu heureuse?
Alors elle se mit à pleurer comme une source, avec des hoquets, des sanglots, et elle criait:
—Je n’ peux pas, je n’ peux pas m’ passer de vous maintenant. J’aime mieux mourir, je n’ peux pas!
Elle faisait un bruit du diable. Je la consolai comme je pus et je la reconduisis à la barrière.
J’appris en effet que son mari la battait; et que sa belle-mère lui rendait la vie dure, la vieille chouette.
Deux jours après elle revenait. Et elle me prit dans ses bras, elle se traîna par terre:
—Tuez-moi, mais je n’ veux pas retourner là-bas.
Tout à fait ce qu’aurait dit Mirza si elle avait parlé!
Ça commençait à m’embêter, toutes ces histoires; et je filai pour six mois encore. Quand je revins... Quand je revins, j’appris qu’elle était morte trois semaines auparavant, après être revenue au château tous les dimanches... toujours comme Mirza. L’enfant aussi était mort huit jours après.
Quant au mari, le madré coquin, il héritait. Il a bien tourné depuis, paraît-il, il est maintenant conseiller municipal.