A droite, derrière les écuries, les remises, tous les bâtiments qui dépendaient de la propriété, commençait le village, riche, peuplé d’éleveurs de bœufs.

Renardet descendit lentement les marches de son perron, et, tournant à gauche, gagna le bord de l’eau qu’il suivit à pas lents, les mains derrière le dos. Il allait, le front penché; et de temps en temps il regardait autour de lui s’il n’apercevait point les personnes qu’il avait envoyé quérir.

Lorsqu’il fut arrivé sous les arbres, il s’arrêta, se découvrit et s’essuya le front comme avait fait Médéric; car l’ardent soleil de juillet tombait en pluie de feu sur la terre. Puis le maire se remit en route, s’arrêta encore, revint sur ses pas. Soudain, se baissant, il trempa son mouchoir dans le ruisseau qui glissait à ses pieds et l’étendit sur sa tête, sous son chapeau. Des gouttes d’eau lui coulaient le long des tempes, sur ses oreilles toujours violettes, sur son cou puissant et rouge, et entraient, l’une après l’autre, sous le col blanc de sa chemise.

Comme personne n’apparaissait encore, il se mit à frapper du pied, puis il appela: «Ohé! ohé!»

Une voix répondit à droite: «Ohé! ohé!»

Et le médecin apparut sous les arbres. C’était un petit homme maigre, ancien chirurgien militaire, qui passait pour très capable aux environs. Il boitait, ayant été blessé au service, et s’aidait d’une canne pour marcher.

Puis on aperçut le garde champêtre et le secrétaire de la mairie, qui, prévenus en même temps, arrivaient ensemble. Ils avaient des figures effarées et accouraient en soufflant, marchant et trottant tour à tour pour se hâter, et agitant si fort leurs bras qu’ils semblaient accomplir avec eux plus de besogne qu’avec leurs jambes.

Renardet dit au médecin: «Vous savez de quoi il s’agit?

—Oui, un enfant mort trouvé dans le bois par Médéric.

—C’est bien. Allons.»