La brasserie était, par hasard, remplie de monde et remplie aussi de fumée. Les consommateurs, bourgeois et ouvriers, car c’était un jour de fête, appelaient, riaient, criaient, et le patron lui-même servait, courant de table en table, emportant des bocks vides et les rapportant pleins de mousse.
Quand Pierre eut trouvé une place, non loin du comptoir, il attendit, espérant que la bonne le verrait et le reconnaîtrait.
Mais elle passait et repassait devant lui, sans un coup d’œil, trottant menu sous ses jupes avec un petit dandinement gentil.
Il finit par frapper la table d’une pièce d’argent. Elle accourut.
—Que désirez-vous, Monsieur?
Elle ne le regardait pas, l’esprit perdu dans le calcul des consommations servies.
—Eh bien! fit-il, c’est comme ça qu’on dit bonjour à ses amis?
Elle fixa ses yeux sur lui, et d’une voix pressée:
—Ah! c’est vous. Vous allez bien. Mais je n’ai pas le temps aujourd’hui. C’est un bock que vous voulez?
—Oui, un bock.