—Donc... c’est à lui... le p’tit?
—Mais oui, dit-elle.
Et Hautot fils regarda son frère avec une émotion confuse, forte et pénible.
Après un long silence, car elle pleurait de nouveau, César, tout à fait gêné, reprit:
—Eh bien, alors, mam’zelle Donet, je vas m’en aller. Quand voulez-vous que nous parlions de ça?
Elle s’écria:
—Oh! non, ne partez pas, ne partez pas, ne me laissez pas toute seule avec Émile! Je mourrais de chagrin. Je n’ai plus personne, personne que mon petit. Oh! quelle misère, quelle misère, monsieur César. Tenez, asseyez-vous. Vous allez encore me parler. Vous me direz ce qu’il faisait, là-bas, toute la semaine.
Et César s’assit, habitué à obéir.
Elle approcha, pour elle, une autre chaise de la sienne, devant le fourneau où les plats mijotaient toujours, prit Émile sur ses genoux, et elle demanda à César mille choses sur son père, des choses intimes où l’on voyait, où il sentait sans raisonner qu’elle avait aimé Hautot de tout son pauvre cœur de femme.
Et, par l’enchaînement naturel de ses idées, peu nombreuses, il en revint à l’accident et se remit à le raconter avec tous les mêmes détails.