C'est probablement par distraction que M. Molard donne une décision pareille. Il est impossible qu'il ne sache pas que le substantif aire est féminin, et que conformément à l'Académie, il faut dire cette aire est fort grande.[21]

LX.

Tailleuse. Celle qui fait des robes de femme; dites, couturière. La tailleuse est la femme du tailleur.


Tailleuse n'est françois dans aucun sens; on s'en servoit autrefois pour désigner une couturière: on le trouve avec cette signification dans les anciens Dictionnaires. L'Académie l'a rejeté. Mais tailleuse ne se trouve nulle part pour désigner la femme d'un tailleur. Cette manière d'entendre les substantifs ou les adjectifs terminés en eur qui ont le féminin en euse, n'est point dans l'analogie de la langue françoise.

L'Académie appelle blanchisseuse, revendeuse, brodeuse, etc. non pas la femme du blanchisseur, du revendeur, du brodeur, etc.; mais bien la femme qui blanchit, qui revend, qui brode, etc. Si tailleuse eût été rangé parmi les noms françois, il auroit suivi la même loi. Au reste, «tailleuse, pour signifier couturière, ne vaut pas mieux, selon un ancien Dictionnaire, que couturier pour dire tailleur

LXI.

Taper. Donner des coups à quelqu'un pour le battre; dites, frapper.