Taper, dans le sens de frapper, est une expression françoise, mais populaire. L'Académie l'admet, et cite ces phrases: il l'a bien tapé, je vous taperai bien, etc.

LXII.

Taquier. Celui qui construit des bateaux. Ce mot n'est pas françois. Je ne connois point de mot qui désigne ce genre d'ouvrier. On peut dire constructeur de bateaux.


L'ouvrier qui construit un bateau, doit être désigné sous le nom de charpentier de bateau, comme celui qui fait la charpente d'un vaisseau s'appelle charpentier de vaisseau.

LXIII.

Terre. Tomber à terre, et tomber par terre, ne signifient pas tout-à-fait la même chose. Ce qui tombe à terre tient à la terre; ce qui tombe par terre n'y tient pas. C'est la distinction que met Roubaud entre ces deux locutions.


La distinction qu'établit ici M. Molard, entre tomber à terre et tomber par terre, est exprimée en termes si obscurs, que j'ai déjà vu bien des personnes qu'elle a embarrassées. Mais son principal défaut n'est pas d'être en quelque sorte inintelligible pour ceux qui n'y apportent qu'une attention ordinaire; elle est absolument fausse. Pour être exact, M. Molard devoit dire tout le contraire de ce qu'il a dit. Tomber par terre se dit d'une personne ou d'une chose qui étant déjà à terre, tombe de sa hauteur; et tomber à terre ne doit s'employer qu'en parlant d'une personne ou d'un objet qui étant élevé au-dessus de terre, tombe de haut. Cette distinction est de l'abbé Girard. «Un homme, dit-il, qui passe dans une rue et qui vient à tomber, tombe par terre, et non à terre, car il y est déjà. Mais un couvreur à qui le pied manque sur un toit, tombe à terre, et non par terre

M. Molard cite à l'appui de son opinion, l'abbé Roubaud. M. Molard se trompe; l'abbé Roubaud, dans ses Synonymes, n'a rien écrit sur le verbe tomber.