Sous l'empire romain Lugudunum perdit son second u et s'écrivit Lugdunum; ce nom est vraisemblablement identique au Lugidunum que le géographe Ptolémée signale en Germanie et qui, fondé par les Gaulois, était, au temps de Ptolémée, c'est-à-dire au commencement du second siècle de notre ère, entre les mains des Germains vainqueurs[3].

Le nom du dieu Lugus ou Lug doit aussi, probablement, se reconnaître dans le premier terme d'un composé géographique de la Grande-Bretagne, Luguvallum; ce mot désignait une ville sur l'emplacement exact de laquelle nous ne sachons pas que l'on se soit mis d'accord, mais qui était située près du mur d'Adrien[4]. Le nom de Lug-mag ou «champ de Lug,» était porté en Irlande par une abbaye dont il est question dès le septième siècle[5].

Les Irlandais païens prétendaient que Lug habitait leur île; ils racontaient même en quel endroit était situé le palais souterrain que Dagdé lui avait, disait-on, assigné pour résidence quand l'Irlande eut été conquise par les fils de Milé[6].

[1] «Deum maxime Mercurium colunt; hujus sunt piurima simulacra; hunc omnium inventorem artium ferunt, hunc viarum atque itinerum ducem, hunc ad questus pecuniæ mercaturasque habere vim maximam arbitrantur.» De bello gallico, l. VI, chap. 17, § 1.

[2] «Lugdunum Clavatum;» ce nom n'apparaît qu'à l'époque mérovingienne.

[3] Ptolémée, édition Nobbe, livre II, chap. 11, § 28.

[4] Il est question plusieurs fois de cette localité dans l'Itinéraire d'Antonin.

[5] Annals of the Four Masters, édition d'O'Donovan, 1851, t. I, p. 296, 297, 356, 357. Chronicum Scotorum, édition Hennessy, p. 140, 141. Cette localité s'appelle aujourd'hui Louth.

[6] «Lug, macc Ethnend, is-sîd Rodrubân.» Livre de Leinster, p. 245, col. 2, lignes 49, 50.