[6] Airgtech, surnom du roi, signifie probablement: qui a de l'argent, des ornements d'argent. Je dois cette hypothèse à M. Ernault.

[7] C'est M. Hennessy qui a signalé cette pièce à mon attention. Il m'a aidé de ses conseils pour la traduction des passages difficiles. Le meilleur manuscrit est le Leabhar na hUidhre, p. 133, col. 1.


CHAPITRE XV.
LA CROYANCE A L'IMMORTALITÉ DE L'AME EN IRLANDE ET EN GAULE.

§1. L'immortalité de l'âme dans la légende de Mongân.—§2. La race celtique a-t-elle cru à la métempsycose pythagoricienne? Opinion des anciens sur cette question.—§3. Comparaison entre la doctrine de Pythagore et la doctrine celtique.—§4. Le pays des morts. La mort est un voyage. Texte du quatrième siècle avant notre ère.—§5. Certains héros sont allés faire la guerre au pays des morts et des dieux: tels sont Cûchulainn, Loégairé Liban et Crimthann Nîa Nair. Légende de Cûchulainn.—§6. Légende de Loégairé Liban.—§7. La descente de cheval dans la vieille légende de Loégairé Liban et dans la légende moderne d'Ossin.—§8. Légende de Crimthann Nîa Nair.—§9. Différence entre Cûchulainn d'un côté, Loégairé Liban et Crimthann de l'autre.


§ 1.
L'immortalité de l'âme dans la légende de Mongân.

La merveilleuse naissance de Mongân et le rôle que joue dans sa légende le dieu Manannân mac Lir ne sont pas les seuls points sur lesquels ce récit mythique nous fait connaître les croyances fondamentales de la religion celtique. Il y a dans cette légende deux points qui méritent également une étude attentive. L'un est que Find, tué à la fin du troisième siècle, n'avait cependant pas cessé de vivre, qu'il avait conservé sa personnalité, et qu'il revint en ce monde plus de deux siècles après sa mort, ayant, par une seconde naissance, pris un corps nouveau.

Le second point est l'apparition de Cailté. Celui-ci n'est pas né une seconde fois. On ne s'explique pas de prime abord comment, ayant à son décès laissé son corps dans la tombe en Irlande, il revient du pays des morts avec une forme physique que rien ne distingue de celle du reste des humains. Ce qu'il y a de certain, c'est que suivant la légende irlandaise, il en est revenu visible à tous les yeux, parlant une langue que tous ont comprise. Or cette légende n'a pas pour base une croyance spéciale aux Irlandais, puisqu'en France, encore aujourd'hui, dans le peuple, persiste la crainte des revenants. La croyance aux revenants est donc une doctrine celtique, et un peu plus loin nous donnerons là-dessus quelques développements.