Lorsque les Tûatha Dê Danann eurent vaincu les Fir-Bolg, les Fir-Domnann, les Galiôin, et leurs dieux, les Fomôré, ils furent quelque temps seuls maîtres de l'Irlande; mais la race de Milé, les Gôidels, la race irlandaise moderne, arriva dans l'île, les attaqua, remporta sur eux la victoire et prit possession du pays. Les Tûatha Dê Danann vaincus se sont réfugiés au fond des cavernes, dans les profondeurs des montagnes; quand, pour se distraire, ils parcourent leur ancien domaine, c'est ordinairement sous la protection d'un charme qui les rend invisibles aux descendants des mortels heureux par lesquels ils ont été dépossédés; et malgré cette dépossession, ils ont conservé une grande puissance qu'ils font sentir aux hommes en leur rendant, tantôt de bons, tantôt de mauvais services. Tels étaient, dans l'imagination des Grecs, les hommes ou demi-dieux de l'antique race d'or.

«Quand cette race a été couverte par la terre, la volonté du grand Zeus en a fait de bons démons qui habitent la terre et y gardent les hommes mortels, récompensant les bonnes actions, punissant les crimes; voilés par l'air qui leur sert de manteau, ils parcourent la terre, y distribuent les richesses, et ainsi sont investis d'une sorte de royauté[7]

[1] Tûan mac Cairill appelle les Tûatha Dê Danann «race de science,» âes n-êolais.—Leabhar na-hUidhre, p. 16, col. 2, lignes 29–30.

[2] Livre de Leinster, p. 6, col. 2, ligne 1; p. 8, col. 2, lignes 50, 51; p. 9, col. 1, lignes 1 et suivantes.

[3] Leabhar na-hUidhre, p. 16, col. 2, lignes 28–31.

[4] Livre de Leinster, p. 10, col. 2, lignes 10–15. C'est O'Clery qui attribue ce poème à Eochaid hûa Flainn. O'Curry, On the manners, t. II, p. 111; Atkinson, The book of Leinster, contents, p. 18, col. 2.

[5] «Ro brissiset meic Miled cath Slêbi Mis for demno idon for Tuaith Dê Danand.» Livre de Leinster, p. 13, col. 1, lignes 1 et 2.

[6] Livre de Leinster, p. 10, col. 2, lignes 6–8.

[7] Hésiode, Les Travaux et les Jours, vers 120–126.