—Bien! bien! bien! s'écria Eric, qui achevait de remonter son pistolet. En route!

Un escalier hélicoïde les conduisit dans une salle inférieure, où ils prirent une demi-douzaine d'individus, de physionomie scélérate, qui jouaient aux dés, en buvant du gwin ardant.

Avec ces gens, tous armés, ils descendirent dans le souterrain que nous avons parcouru, et débouchèrent bientôt par l'issue donnant sur la mer.

La grille de fer fut refermée avec soin. Georges de Maisonneuve en prit la clef, et s'avança sur la grève, beaucoup plus escarpée alors qu'aujourd'hui. Car bien que la ville fût aussi populeuse que maintenant, son enceinte fortifiée était moins considérable. Et elle reçut seulement au dix-huitième siècle, en 1708, 1721 et 1737, les développements qu'on lui voit à présent.

Le reste de la troupe des Tondeurs sauta dans un bateau, attaché près de la grille.

Il faisait un temps sombre, brumeux. La marée, dans son plein, baignait, en maintes places, le sentier glissant que Georges avait pris, au pied des remparts de la ville.

Cependant il allait d'un bon pas, comme un homme à qui le chemin était familier.

En cinq minutes, il arriva au Chenil. C'était, je crois, cette maisonnette que l'on aperçoit sur les anciennes Vues de Saint-Malo, près de la porte de Dinan. Quoi qu'il en soit, le Chenil servait de retraite à ces fameux «chiens du guet» qui livrèrent cours à un dicton bien connu.

«En 1158, dit l'abbé Manet, on établit à (Saint-Malo) une garde de chiens pour la sûreté du port. Le nombre de ces chiens fut d'abord de 34, puis de 12 à 13.

«Pendant le jour, on les tenait enfermés exactement dans leur chenil, situé au pied du mur de Gorge du bastion de la Hollande. Le soir, à la fermeture des portes, le gardien les conduisait dans le port et ne les lâchait qu'à dix heures, après le couvre-feu. Il les rappelait une heure avant le jour.