[Note 12: Voir les Derniers Iroquois (Collection des Drames de l'Amérique du Nord).]

L'île d'Anticosti, émergeant au milieu même du Saint-Laurent, la grande artère des provinces britanniques de l'Amérique septentrionale, reçoit la plupart de ces épaves.

Quoi qu'il en soit, cette île, dont le climat est tempéré, dont le sol et les sites sont si favorables à la colonisation, demeure aujourd'hui encore déserte, inculte, à peine habitée par deux ou trois garde-phares. Cependant, elle devrait et doit, dans un avenir prochain, s'animer, se défricher, se peupler au souffle fécondant de la civilisation moderne.

II

LA BAIE AU RENARD

La baie au Renard est une vaste échancrure ouverte, comme nous l'avons dit, à l'embouchure de la rivière de ce nom, sur la côte septentrionale de l'île d'Anticosti.

Elle a un mille de profondeur sur une largeur égale.

Au sommet des rochers qui l'entourent, on voit, encore aujourd'hui, les ruines d'un grand nombre d'habitations, enfouies sous l'herbe et les pariétaires; silencieuses et mélancoliques, ces ruines furent, au commencement du siècle, un foyer de vie, d'activité.

Alors, elles présentaient un village industrieux avec ses maisonnettes, ses édifices publics, sa place ceinte de beaux peupliers, son port, ses chantiers de construction, ses greniers d'abondance.

Des traces de culture disent aussi que le labour y était un honneur, et tout rappelle la présence d'une population vigilante autant que policée.