—Ah! ce fut comme un réveil après un long et terrible cauchemar.

—Je le crois bien!

—J'étais accablé de fatigue, courbaturé dans tous mes membres. Des images flottaient confuses devant mon cerveau. Je voulus me remuer, mes mains rencontrèrent un corps dur; j'en eus peur, une peur atroce, et restai quelques moments immobile. J'avais oublié le passé; je me demandai, chose inouïe! si l'on ne m'avait pas enterré vif. Est-ce que je rêve, ou suis-je éveillé, me disais-je? Cependant ma respiration était pénible. J'avais sur la poitrine un poids qui l'étouffait, mes oreilles bourdonnaient comme si elles avaient renfermé des essaims de frelons…

—Que tout cela est étrange!

—Ah! bien étrange, petite soeur!

—Mais l'air te manquait?

—Quand j'aspirais, c'était comme si j'avais eu la bouche près d'une fournaise.

—Il y avait de quoi mourir cette fois pour tout de bon, fit Emmeline, en lui prenant la main et la serrant doucement dans les siennes.

—Je pensais m'évanouir et retombais dans une indicible torpeur, que ne pouvaient dissiper des sons aigus au-dessus de moi, lorsqu'un courant frais vint caresser mon visage.

—Ah! c'était le secours…