»—Que veux-tu, qu'attends-tu de moi? lui dis-je.
»—Je veux faire de toi ma femme! répondit-il.
»—Jamais! non, jamais je ne serai ta femme!
»—Tu la seras, et nous irons vivre chez les Uski de l'Est.
—Oh! non, tu ne pouvais être la femme d'un pareil monstre! s'écria Dubreuil, enlaçant la jeune femme dans ses bras et la baisant passionnément.
—Tout en causant, continua-t-elle, il préparait un konè pour partir. Je ne pouvais fuir, car il m'avait attaché les pieds. Mais je songeais à me délivrer de ce lâche ravisseur. Il me plaça dans l'embarcation et se baissa pour prendre sa pagaie. Il me tournait le dos. Je profitai du moment et le poussai si rudement qu'il tomba à la mer. Ramassant alors la pagaie, je nageai de toutes mes forces, sans savoir où j'allais.
—Pauvre aimée! fit Dubreuil.
—Kougib, pendant ce temps, remontait dans un autre canot et me poursuivait… Ce qu'il devint, je ne l'appris qu'hier, par Triuniak.
—Il a expié ses crimes! mais toi! toit!…
—Moi, je le perdis bientôt de vue…