—C'eût été attendre la mort.
—Peut-être!
—Ne me dis pas cela, Toutou-Mak! ne me le dis pas! tu me navres!
Mais une nuit éclata une violente tempête. Le glaçon où je campais fut réduit en morceaux, j'eus à peine le temps de m'élancer dans mon koné…
—Que d'infortunes, ô pauvre Toutou-Mak!
—Non, Innuit-Ili, ce fut un bonheur, un bien grand, puisque, sans cette tempête, je ne t'aurais jamais revu, doux aimé de mon coeur.
Dubreuil la couvrit de caresses.
—Ainsi qu'une plume, le vent faisait voltiger mon esquif à la cime des flots, poursuivit la jeune Boethique. Pendant trois jours et trois nuits je fus le jouet des éléments. Il ne me restait plus aucun espoir d'échapper à l'abîme, quand l'ouragan me jeta évanouie sur cette île. Les habitants s'emparèrent de moi, et je repris mes sens entre les bras d'un chef… de mon malheureux père…
En prononçant ces paroles, Toutou-Mak éclata en sanglots.
—Kouckedaoui était un vaillant guerrier, dit alors Triuniak qui assistait à l'entretien.