—Mourir! ne prononce pas ce mot, Guillaume! il m'effraie!…
—Je ne complais plus sur une félicité pareille. Depuis six semaines je ne t'avais pas vue. Plongé dans le fond du navire qui avait enlevé celui qui nous ramenait en Europe, enfermé ensuite dans cette tour, sachant combien est ardente la haine des Anglais pour nous, il ne me restait aucun espoir. Hélas! je me disais: Que je la revoie un moment, un seul, et j'affronterai gaiement la mort. Mais j'ignorais ton sort, comprends-tu mon anxiété, mes angoisses?… Que t'est-il arrivé, dis?
—Plus tard, ami, je te conterai cela. Écoute…
—Non, non, rien avant que tu ne m'aies conté…
—Eh bien, quand le vaisseau fut pris, on me transporta sur l'autre où je fus convenablement traitée par le chef…
—Cela m'étonne.
—Il empêcha ses guerriers de me brutaliser, et en débarquant dans ce grand village anglais, comme tu l'appelles, on me plaça dans une grande cabane dont le maître me fit bon accueil. Mais il me défendit de sortir, m'ordonna de mettre ces vêtements, et m'interrogea…
—Ah! il t'a interrogée?
—Oui, sur toi, sur l'île…
—Et, s'écria Dubreuil, tu lui as dit qu'il y avait de ces pierres jaunes, comme celles qu'on m'a volées en m'enlevant mes habits…