Il y avait de quoi faire fête complète.
Quand le banquet fut près de sa fin, deux illirsut, dépêchées par Pumè, se rendirent à la loge de Triuniak et enjoignirent à Toutou-Mak de les suivre.
Elle refusa, moins pour se conformer à la coutume du pays que poussée par son insurmontable aversion pour l'angekkok-poglit. Sans faire attention à ses refus, les deux sorcières se jetèrent sur elle, afin de la soumettre à leur désir.
Témoin de cette violence, Guillaume Dubreuil voulut la faire cesser, quoiqu'il connût bien l'usage groënlandais de procéder ainsi au mariage.
—Que mon frère demeure tranquille, dit Triuniak en le retenant.
—Mais ta fille déteste ce vieillard!
—La volonté de l'angekkok-poglit est la volonté de Torngarsuk, répondit tristement Triuniak, qui n'approuvait pas cette union, mais l'acceptait avec le stoïcisme indien, parce qu'il n'estimait pas qu'il y eût au monde une puissance capable de l'empêcher.
Les illirsut emportèrent la Biche-Agile, hurlant de douleur, se tordant en convulsions et faisant des efforts inouïs pour leur échapper.
Malgré sa résistance, ses cris, ses morsures, elles la déposèrent dans la cabane de Pumè, alors débarrassée de ses convives.
L'horrible petit vieux sourit d'un sourire diabolique à l'arrivée de la victime.