La jeune mère saisit et coupa avec ses dents l'ombilic; puis elle plongea ses doigts dans un pot d'eau, que lui présenta Toutou-Mak, et les frotta sur les lèvres du marmot, en disant:
—Imekautet (tu as bu beaucoup).
Après cela, on lui offrit du poisson à manger. Elle le prit, y goûta, en barbouilla la bouche de son nourrisson, et lui secouant légèrement la main:
—Aiparpotet (tu as mangé en ma compagnie), prononça-t-elle.
Au bout de peu d'instants, elle se leva, s'habilla et vaqua à ses travaux, comme si rien d'insolite ne lui fût arrivé.
Dubreuil ne s'occupait plus d'elle, car Toutou-Mak avait passé dans une autre partie de la pièce. Bientôt, elle s'avança, capuchonnée de nouveau, vers la porte de la loge qu'elle quitta seule.
Guillaume sentit son coeur bondir de joie. Le soleil était couché depuis quelques instants. Il n'y avait personne aux environs. Le capitaine courut à la rencontre de Toutou-Mak.
D'un mot, elle l'arrêta et glaça son enthousiasme.
—As-tu fait la purification, mon frère?
Dubreuil ne voulut pas mentir.