Pourtant, seul avec son domestique au milieu de ses ennemis, il était calme, superbe.
Les commis et les engagés du fort le regardaient avec une terreur pleine d'animosité, les Indiens avec une admiration naïve; la plupart des francs trappeurs ne savaient trop quelle réception lui faire.
Nick Whiffles alla bravement à lui, ôta respectueusement son vieux casque de loup marin, témoignage de déférence dont il n'était guère prodigue, et lui adressant la parole:
—Bonsoir, capitaine, je suis bien aise de vous voir, et si vous avez besoin d'un bon coup de main, comptez sur Nick Whiffles, il est là pour vous le donner, oui bien, je le jure, votre serviteur!
C'était une sorte de provocation jetée aux employés de la Compagnie, qui se mirent à causer bas.
Profitant du trouble occasionné par l'arrivée du chasseur, Pad et Joe s'étaient esquivés.
—Bonsoir, ami Nick, et merci cordialement de votre offre, répliqua Poignet-d'Acier en tendant au vieux trappeur une main que celui-ci serra avec force.
—On parlait justement de vous, comme vous êtes entré, capitaine.
—Ah!
—O Dieu, oui; n'est-ce pas, Louis-le-Bon? L'interpellé baissa la tête en signe d'assentiment.