[Note 1: Sorcier.]
[Note 2: Le Chef suprême ou Grand Esprit.]
Pendant qu'il les invectivait de la sorte, les Chinouks lacéraient le prisonnier, qui avec des haches, qui avec des lances, qui avec des tisons ardents. Son corps ne présenta bientôt plus qu'une plaie hideuse, que creusaient sans cesse de leurs ongles, et même de leurs dents, les tourmenteurs sans réussir pourtant à arracher un gémissement à l'infortuné Clallome. A leurs hurlements, il répondait par des insultes; à leurs monstrueuses persécutions, par des sarcasmes.
Enfin, comme s'il eût voulu porter à son comble la rage des Chinouks, il se tourna vers un guerrier accroupi sur une robe de buffle, et cria:
—Est-ce que vous ne voyez pas que vous êtes poltrons comme des loups? Qui est-ce qui vous commande? Un misérable Bois-Brûlé! J'ai pris sa mère, je l'ai emmené dans mon wigwam; elle a été l'esclave de mes squaws, la femme de mes esclaves…
Cette injure fit tressaillir le Bois-Brûlé; il se leva brusquement, s'élança sur le supplicié et lui asséna un coup de massue qui mit immédiatement fin à ses peines terrestres.
Sa vengeance accomplie, le métis revint s'asseoir sur la peau de buffle, alluma son calumet et examina silencieusement une jeune Indienne, fixée, les mains derrière le dos, à un poteau, non loin de celui ou avait péri le guerrier clallome.
—A moi la chevelure du chef! dit un Chinouk en détachant le cadavre.
—Elle appartient au Dompteur-de-Buffles, dit un autre.
Non, reprit le premier; elle doit être à moi, puisque c'est moi qui ai fait prisonnier ce venimeux Clallome.