—Alors, tu es libre de faire ce que tu veux? reprit le chasseur qui avait été tellement préoccupé jusqu'à ce moment qu'il n'avait pas fait grande attention au jeune Indien.

—Oui, repartit-il nettement.

Pathaway se prit à l'examiner.

C'était un garçon bien constitué et de fort bonne mine, qui semblait aussi capable que tout autre de sa race de faire son chemin dans le monde.

Il avait des cheveux longs, noirs, dont les boucles abondantes baignaient son visage et ses épaules. Son teint était très-foncé, et on remarquait en lui un penchant à la coquetterie, car il était chamarré de peintures, de plumes et de broderies, en rassade.

Il devait évidemment être un favori, parmi les habitants de la vallée du
Trappeur, sans quoi il n'eût pas été aussi galamment attifé.

—Je parle pour ton bien, dit le chasseur noir, car il vaudra mieux pour toi ne pas retourner au milieu de cette bande de coquins. Mais il me semble aussi que tu es bien jeune pour te lancer sur la piste des guerriers, la tribu doit camper loin d'ici.

—Joe pouvoir chasser, pêcher et subvenir à ses besoins. Ne t'inquiète pas de lui.

—Depuis combien de temps as-tu quitté les tiens?

—Deux ou trois lunes. Squaw blanche donner à moi des habits, beaucoup à manger, rien à faire. Joe pas aimer ouvrage. Femmes faire ouvrage pour lui.