Le jeune Indien toucha son cheval de la main et accéléra son allure au point que Pathaway fut obligé de mettre sa monture au galop pour se maintenir à sa hauteur. Au bout d'une heure, ils atteignirent le but de leur destination, c'est-à-dire la cabane de Nick Whiffles.

Le brave trappeur était devant sa porte et appuyé sur sa carabine.

A la vue des deux cavaliers, il éprouva un double sentiment de plaisir et d'étonnement, qui se refléta instantanément sur son visage.

—Ma foi, je partais, ô Dieu, oui! exclama-t-il. J'ai fait une tournée la nuit dernière et j'allais en recommencer une autre. Je savais bien que vous reviendriez; je me tuais de le dire à Sébastien, mais il n'en voulait rien croire, oui. Dieu, je le jure, votre serviteur! Drôle de garçon que Sébastien, c'est moi qui vous le dis. Figurez-vous qu'il n'a pas fermé l'oeil de toute la nuit dernière. Il n'a fait que geindre et brailler comme une Madeleine. Tiens, mais vous avez l'air de vous être colleté avec quelque guerrier indien. Vous revenez avec deux chevaux et un prisonnier. Tant mieux; vous êtes le bienvenu; Quelle diablesse de maudite petite difficulté?…

Tandis que Nick faisait cette question, Sébastien sortit de la hutte.

Sa première impulsion fut évidemment de se précipiter vers Pathaway et de lui saisir la main. Mais il s'arrêta à mi-chemin, dans une attitude qui indiquait la surprise et la joie.

Le chasseur noir s'empressa de le saluer affectueusement.

—Quelle espèce de bagage avez-vous là? demanda Nick en désignant l'Indien.

Joe n'avait pas mis pied à terre. Ses regards étaient attachés sur
Sébastien.

—Ce garçon m'a servi de guide depuis la vallée du Trappeur, répondit
Pathaway.