»On avait trouvé sur Cook un brevet de capitaine signé Brown, et un document sur parchemin établissant l'origine et la propriété d'un pistolet donné par La Fayette à Washington, et transmis par le fondateur de l'Union au colonel Lewis Washington. Quant au pistolet, Cook l'avait laissé dans un sac de nuit, abandonné dans la montagne.

»A l'ouverture de l'audience, Brown renouvelle sa demande d'un délai, fondée sur l'impossibilité physique où il est de suivre le procès.

»M. Hunter, attorney du district, répond qu'il n'est pas convenable, dans son opinion, de différer les débats d'un seul jour; il y a danger dans tout délai, et surcroît de frais pour la communauté. Brown se fonde, pour demander un sursis, sur l'arrivée prochaine d'un défenseur venu du Nord, mais il est fort douteux que l'avocat attendu se rende à son appel. Il est inutile, ajoute l'attorney, d'accorder aux accusés le bénéfice d'un procès séparé, comme aussi de leur permettre une trop grande latitude de langage.

»Ceci répond au désir manifesté par Brown de faire une confession complète de ses vues et des motifs de sa tentative, à la condition que ce récit serait livré aux journaux. On a redouté l'effet de cette publication dans un État à esclaves, comme on redoute la lenteur et le retentissement prolongé d'un semblable procès.

»M. Green, avocat, qui s'est présenté pour Brown, insiste pour un délai;
M. Harding demande qu'il soit passé outre aux débats.

»Deux médecins et deux geôliers sont entendus. Ils déclarent que les blessures de Brown ne l'empêchent ni d'entendre, ni de comprendre, ni même de converser dans sa prison.

»La Cour rend un arrêt portant qu'il sera passé outre aux débats.

»Il est formé un jury ordinaire de douze citoyens, qui déclarent sur la Bible qu'ils n'ont aucune opinion préconçue sur l'affaire soumise à leur examen.

»Le 27 octobre, il faut dresser, pour Brown, un lit de sangle dans la salle d'audience. Son état paraît s'aggraver de jour en jour. Deux officiers de police l'apportent dans leurs bras.

»A l'ouverture de la séance, M. Botts demande à la Cour la permission de lui donner lecture d'une dépêche télégraphique qu'il vient de recevoir. Cette pièce est ainsi conçue: