Les uns et les autres ravagent, à qui mieux mieux les frontières du Kansas et du Missouri. Ils se livrent journellement des combats acharnés.
Jusqu'à présent, la victoire a secondé les armes des Brownistes, et leur petite armée se grossit, chaque jour, de recrues nouvelles.
Le capitaine a tenu la parole donnée à Edwin Coppie: deux jours après l'incarcération du jeune homme, il ameutait les habitants de Lawrence.
On enfonçait les portes de la prison, et le captif était rendu à la liberté.
Brown en avait aussitôt fait son second lieutenant.
Devenus nombreux, les abolitionnistes s'élevèrent un camp fortifié dans les gorges des montagnes, à quelques lieues au sud-est de la rivière Kansas.
Ce camp était adossé à une forêt vierge, impénétrable, qui l'abritait en partie. Il avait la figure d'une hure de sanglier, dont le groin, formant bastion, était défendu par une haute palissade, surmontée d'une galerie, construite avec les abattis branchus des arbres.
Le front de bandière, reliant de chaque côté le bastion à la forêt, était composé de troncs de pins, inextricablement enchevêtrés, qui en faisaient une barrière infranchissable.
Le camp ainsi établi à l'ouest de la forêt commandait une plaine immense. Il eût été impossible à l'ennemi le plus rusé de s'en approcher sans être aperçu, à plusieurs milles de distance, par les sentinelles placées en vedette sur la galerie.
A l'intérieur, se dressaient des tentes de cuir, des huttes de feuillage.