Il servait à l'emmagasinage des récoltes de blé et de tabac, qui se faisaient sur l'habitation.
Au rez-de-chaussée, les cases des nègres.
Une pièce à chacune de celles-ci: pièce commune pour toute la famille, souvent grosse de huit, dix personnes et même davantage.
Si tout le monde ne couche pas dans le même lit, vieillards, adultes, enfants, hommes et femmes, filles et garçons, peu s'en faut; car les lits, ou plutôt les grabats, se touchent.
Ainsi que chez les Indiens, ils sont placés à quelques pouces du sol, auteur de la chambre.
Deux planches de pin, une maigre paillasse, en feuilles de maïs, sur laquelle on a jeté une mauvaise couverture, en font tous les frais.
Au milieu de la salle, une table et des bancs grossiers; quelques escabeaux ça et là; des ustensiles de cuisine ébréchés, traînant avec des instruments aratoires en un coin; des faïences fêlées, plus ou moins enluminées, sur un évier; contre la muraille, une douzaine de gravures, aux couleurs provocantes, représentant le Juif-Errant, Washington, Napoléon, Franklin, quelques scènes de bataille ou de religion, voilà pour le mobilier.
L'âtre est vis-à-vis de la porte.
Des statuettes en cire; des brimborions; des pommes, des oranges, entremêlées de courges sèches ornent la cheminée, au-dessus de laquelle on voit parfois accroché un benjô ou quelque méchant violon.
Vous ai-je dit que les carreaux de la case sont fréquemment en parchemin ou remplacés par un chiffon, un vieux chapeau?