C'était un gracieux tableau.

La simplicité en formait les traits et la gaieté l'illuminait partout.

Mais qu'était-ce que cela, qu'était-ce que tous ces éclats de joie, comparés aux démonstrations que multipliaient, au centre de la foule, les mains, bras, yeux, jambes, tête, et toutes les propriétés corporelles, en un mot, de notre ami M. White, le musicien, le maître des cérémonies, le généralissime de la soirée, dont le pétillant violon avait transporté d'aise Borrowdale en arrivant à la maison?

Tout cela, ce n'était rien, moins que rien—un atome dans l'univers—quelque chose qui n'avait aucun droit, aucun titre au parallèle, et peut-être est-ce la meilleure description qu'on en puisse donner, car nulle plume inspirée par une idée mortelle ne pourrait réellement lui rendre justice.

—Allons, allons, mes amis, c'est trop, dit Borrowdale confus de l'ovation dont il était l'objet. Je vais être obligé de me sauver si vous continuez. Je vous ai promis de danser avec notre jolie Madeleine aujourd'hui, et me voici tout prêt. Ne me forcez pas à enfreindre ma promesse. Vous ne le voulez pas, n'est-ce pas?

Quiconque aurait vu Fleesham, le rigide, l'inflexible Fleesham interrompre son ami à ce point, s'élancer vers Madeleine, prendre par le bras la jeune femme demi-effrayée, lui offrir ses excuses, protester du chagrin que lui inspiraient ses torts envers elle, et taire mille extravagances pour prouver son bon vouloir actuel,—se serait frotté les yeux en se demandant s'il n'était pas le jouet d'une illusion.

Cependant Fleesham fit tout cela, et d'une manière si irrésistible que, cinq minutes après, il était au milieu des honnêtes ouvriers tout aussi à son aise que chez lui.

Ce n'est pas tout.

Cédant à l'entraînement général, Squobb consentit à, descendre du pinacle de son intelligence éditoriale pour jouer le rôle de simple mortel, causer comme les autres, rire avec eux et se montrer bon garçon.

La révolution était complète.