Cependant la lune brillait toujours à la voûte céleste.
Les étoiles jetaient leurs étincelles sur notre terre, et tout faisait silence dans la cahute.
Madeleine tomba à genoux. Ses-lèvres étaient muettes, glacées. Mais de son coeur jaillissait une prière plus éloquente que toutes les paroles des langues connues.
Éclaire-la donc, cette pauvre innocente, ô lune argentée! tes pâles et douces beautés resplendissent de chasteté et de vertu.
Elles sont, pour une âme vierge, des messagères de paix et de bonheur dans le calme de la nuit. Éclaire-la donc! montre-lui le danger, et ramène-la à cette innocence sur laquelle tu aimes à luire.
Les yeux de Madeleine se fixèrent sur l'entrée de la maison abandonnée.
Son frisson cessa; la respiration devint peu à peu saccadée, courte et faible chez elle; puis elle tomba tout à coup la face dans la neige, les mains pressées contre ses tempes, et fondit en larmes.
—O ma mère! s'écriait-elle à travers les sanglots, je ne vous quitterai pas; non, je ne vous quitterai pas! Vous maudiriez votre Madeleine; mais non, vous ne la maudiriez pas, trop bonne mère! Vous ne feriez pas cela! Pourquoi vous ai-je quittée? Que penserez-vous de moi? Et Guillaume, cher, cher Guillaume, je l'aime bien pourtant! Ah! s'il savait comme je l'aime! Puisse-t-il aussi me pardonner! Guillaume, il est si bon pour moi, il m'aime tant, lui! Mon départ le rendra malheureux pour le reste de sa vie. Mais non, c'est assez… Je n'irai pas plus loin! Non! Je reviendrai, ma mère! Cher Guillaume, je reviendrai, je vais revenir…
La lune brillait toujours, calme et sereine, et les étoiles scintillaient toujours comme des perles à leur dais d'azur.
La voix de Madeleine était épuisée.