Elle se leva, fit un effort, se précipita hors de la ruine et se tourna vers le chemin qui conduisait à la demeure de ses parents.
Mais, à ce moment, son regard tomba sur l'anneau que le jeune homme lui avait passé au doigt, et elle tressaillit, s'arrêta.
La raison succombait encore devant sa bonne foi!
—Que faire de cela? dit-elle. C'est la bague de sa mère, pourquoi me l'a-t-il laissée? Je ne puis l'emporter. Mon Dieu! Puis il dit qu'elle est précieuse. Comment, où la lui renverrai-je? Je ne puis la prendre. Ce serait un vol. Seigneur, ayez pitié de moi! Il faut donc le revoir, l'attendre! O ma mère, ma mère, j'ai peur; quelque chose me crie que je fais mal, que je devrais revenir près de vous… Pourquoi m'a-t-il laissé cette bague? pourquoi l'ai-je acceptée?
A cet instant ses yeux, errant de côté et d'autre, aperçurent un homme qui traversait les champs et marchait vers la masure.
—Allons, il le faut, dit-elle en essuyant ses yeux et réparant d'un coup de main le désordre de sa chevelure. Il le faut; peut-être est-ce pour notre bonheur. Je le verrai, puis je reviendrai chez nous. Ma mère, Guillaume, je vous raconterai tout. Peut-être me pardonnerez-vous!
Comme l'individu s'approchait, elle découvrit que ce n'était pas
Grantham.
Ses alarmes renaquirent en remarquant que c'était un homme de couleur, misérablement vêtu et qui ne paraissait pas le moins du monde être la personne qu'elle s'attendait à ce que Grantham lui envoyât.
Mais, déjà, l'inconnu était trop près d'elle pour qu'elle pût songer à l'éviter.
—Jeune dame, elle être venue? dit-il en s'approchant.