—Du calme, du calme! fît Borrowdale la prenant doucement par le bras et la faisant asseoir dans un fauteuil. Il ne vous sera pas fait d'injustice, si je le puis….
On venait d'ouvrir la porte de la rue et une voix connue se fit entendre dans le vestibule.
—Où massa Borrowdale tenir li? où être li? moé vouloir voir li.
Borrowdale ouvrit la porte du salon et aperçut White le noir, suivi de
M. Fleesham.
Derrière eux apparaissait un troisième personnage, maigrement vêtu, qui faisait au nègre des yeux irrités.
—Oh! voici, li! li voici! s'écria White étendant ses bras d'une façon suppliante vers Borrowdale. Eux vouloir mettre moé en peine au sujet de jeune fille et mettre jeune fille en peine aussi. Être vilaine chose, n'est-ce pas, massa, de mettre pauvre monde en peine? Moé rien faire mal, rien du tout. Moé pauvre et moé honnête. Moé pas vouloir, moé être mis en peine parce que moé rien faire de mal à personne, jamais!
—Ah! cela n'a rien de nouveau pour nous, monsieur Borrowdale, dit le monsieur au chétif costume; nous sommes habitués à ces sortes de choses. Pour un homme de profession, c'est un cas connu, et comme je suis de la profession, vous comprenez.
—Vous entrez, n'est-ce pas, Fleesham? dit Borrowdale ennuyé de la familiarité professionnelle du personnage.
—Je suis fâché! ah! ah! vraiment fâché pour vous, mon cher Borrowdale, dit Fleesham en entrant. Par ici, par ici, Shaver!
Les mots s'adressaient à l'individu qui l'accompagnait et voulaient l'inviter à pénétrer dans le salon. Mais l'invitation était inutile.