Entourés d'une foule d'hommes dévoués, ils s'y disposaient à la résistance, commettant cette grande faute,—faute irréparable—c'est d'attendre, c'est-à-dire de laisser se dissiper l'ivresse de leurs gens, au lieu de marcher droit à l'ennemi.
Leur quartier général avait été établi entre Saint-Denis et Saint-Charles, villages éloignés de sept milles l'un de l'autre, sur le Richelieu.
Le premier est à seize milles de Sorel, le second à dix-huit de Chambly, localités où le gouvernement anglais avait caserné plusieurs régiments.
Ces régiments reçurent, en même temps, l'ordre d'aller attaquer les rebelles, et de les prendre ainsi en avant et en arrière,—Saint-Denis et Saint-Charles se trouvent entre Chambly et Sorel.
Comme ils avaient à peu près la même distance à parcourir, ils devaient vraisemblablement se joindre à peu près à la même heure sur le théâtre des opérations.
Le 21 novembre au soir, le colonel Gore partit de Sorel avec cinq compagnies d'infanterie, une pièce d'artillerie de six et un piquet de police à cheval.
Le temps était mauvais; il faisait froid et pleuvait à torrents. Tous les chemins avaient été défoncés et les ponts rompus par les paysans.
Néanmoins, le lendemain, le colonel Gore et ses troupes arrivèrent devant Saint-Denis, après une rude marche d'environ douze heures.
Il pouvait être dix heures du matin.
Aussitôt le tocsin laissa tomber dans l'espace ses notes funèbres.