Après avoir fait le tour de leurs lonosi respectifs, elles s'avancèrent l'une vers l'autre au son du tambourin et en entonnant des chants de provocation.

Entre les deux buts, s'élevait un monceau de nirens.

Ce sont des bâtons longs de quatre pieds, recourbés à une extrémité, de manière à former un ovale ayant huit à dix pouces de circonférence, et enserrant un petit filet en nerf d'animal.

Les nirens servent à attraper et à rejeter la balle: le jeu a quelque analogie avec celui de la raquette, mais il ressemble davantage à celui que nos gamins appellent, je crois, la truotte.

Chacun des joueurs prit sur le tas un niren, et les deux troupes revinrent près de leurs lonosi.

Là, elles dansèrent durant un quart d'heure, en décrivant des cercles concentriques, tous les hommes ayant le visage tourné vers le centre.

Après, ils s'assirent en rond et fumèrent; puis se remirent à la danse pendant un quart d'heure, fumèrent encore et ainsi de suite, jusqu'au lendemain matin.

Tandis que, par ces exercices, ils préludaient au jeu, les femmes priaient le Grand-Esprit en faveur des gens de leur parti [22], et les jongleurs, barbouillés de rouge et de blanc, suivant qu'ils appartenaient à la bande de Molodun ou à celle de Maxmaxpeopeo, pétunaient autour d'un feu sacré, qu'ils avaient allumé sur un petit tertre, à moitié de la distance séparant les lonosi.

[Note 22: Je me sers souvent de ce terme, parce qu'il est le seul usité pour signifier troupe, détachement, par les trappeurs canadiens-français.]

Au premier rayon du soleil, l'un d'eux prit une balle de bois, grosse comme un oeuf, et la lança entre les poteaux.