Mais, quoiqu'il vît parfaitement leur mouvement, il continua en les laissant arriver à lui:
—Je le répète à mes frères, il leur importe de garder avec soin l'épouse de Molodun, s'ils veulent retrouver leur brave souveraine, celle qui lit dans l'avenir et qui parle le discours qu'Yas-soch-a-la-ti-yah lui a appris; il leur importe de la conserver en sûreté s'ils veulent être agréables à Merellum; mais comme garantie qu'il ne lui sera fait aucun mal jusqu'à mon retour, je la prends pour esclave.
—Toi, misérable bâtard! Non, tu ne l'auras pas, car elle m'appartient! C'est moi, le Loup-Cervier, qui l'ai faite captive! s'écria brusquement en se dressant devant Oli-Tahara, son bras armé d'un tomahawk, un des jeunes gens qui s'étaient glissés vers lui.
Mais aussitôt un son sourd et mat se fit entendre: des fragments d'os volèrent, avec des flots de sang et des lambeaux de cervelle, sur les spectateurs, et le Loup-Cervier tomba sans pousser un cri.
La terrible massue du métis lui avait, défoncé le crâne.
Cet exemple modéra la fougue des jeunes Clallomes et augmenta la terreur dans les rangs des autres.
—Oui, reprit Oli-Tahara d'une voix impassible, je prends pour esclave la femme de Molodun. Elle restera, durant notre absence, dans ce village, et chacun de ses habitants m'en répondra sur sa chevelure.
Puis s'adressant à Lioura:
—Que la Blanche-Nuée répète à son maître ce qu'elle disait il y a un moment sur le bûcher.
—La Blanche-Nuée n'a d'autre maître que Molodun, répliqua-t-elle orgueilleusement.