—Elle est l'esclave d'Oli-Tahara; et avant que le soleil se soit couché deux fois cinq soirs, la chevelure de Molodun pendra à la ceinture d'Oli-Tahara, dit-il en haussant les épaules.

—C'est la tienne qui pendra, avec celle de la face blanche, dans le wigwam de Molodun, riposta l'Indienne.

—Merellum est donc vraiment en son pouvoir?

—Oui, s'il ne l'a déjà donnée à ses chiens, ricana Lioura.

Les Clallomes se remirent à hurler, en réclamant à grandes clameurs la mort de la Nez-Percé.

Mais le Dompteur-de-Buffles, couvrant de sa voix les vociférations de la sauvage assistance:

—Elle est à moi! tonna-t-il; si l'un de vous touche à un cheveu de sa tête, je le rôtirai vif, lui et toute sa famille. Qu'on se souvienne que jamais Oli-Tahara n'a manqué à une parole donnée!

Cela dit, avec la pointu de son couteau, il marqua brutalement d'une figure de fer de flèche émoussé l'épaule de Lioura.

La douleur de cette incision n'arracha pas un cri à la victime, mais elle se débattit autant qu'elle put, quoique sans succès, entre les mains de deux robustes Chinouks qui la maintenaient pendant l'opération.

C'est que cette figure déshonorait à jamais Lioura, car elle est un des signes de l'esclavage chez les tribus indiennes qui habitent les bords du rio Columbia.