CHAPITRE VIII

LE CAPTIF BLANC

La disparition de Lioura une fois connue, les trois Nez-Percés s'étaient remis à sa recherche.

D'abord ils avaient pensé qu'elle s'était un peu éloignée du camp pour ramasser des cônes d'arbre à pain ou arracher des racines de Ramassas, espèces de bulbes abondantes sur les bords du rio Columbia et dont les Indiens sont très-friands.

Mais cette supposition ne dura guère.

Renolunc remarqua sur le sol humide et près de la loge où il avait couché avec son père, Merellum et l'autre sauvage, nommé Cuir-de-Boeuf, de fortes empreintes, mêlées à des impressions plus molles et beaucoup plus petites.

Les premières lui firent présumer qu'un animal de l'espèce des daims était venu rôder dans le camp, car Iribinou avait, eu soin de marcher sur les talons et la paume des mains; mais les secondes révélaient un pied de femme, et le rebroussement du gazon, sur un espace assez considérable devant la cabane, apprit à Renolunc une partie de la vérité.

Sa soeur avait été enlevée après une courte lutte.

Des traces de pas, lourdes et profondes, retournant vers l'ouest, disaient que le ravisseur, quel qu'il fût, avait emporté sa proie sur son épaule gauche, car ces traces étaient encore plus creuses du côté gauche que du côté droit.

Un Indien ne pouvait se méprendre à de pareils indices.