—Mais cela serait une chose excellente... Connais-toi toi-même!... Vous souvenez-vous?

—Vous êtes jeune!—dit l'étranger.

—Si vous ne vous souciez pas de le manger et qu'il vous soit à charge, pourquoi ne le jetez-vous pas, tout simplement?

—Ici encore, sans doute, vous ne me comprendrez pas. Pour moi, je me demande comment on pourrait jeter une chose comme celle-là, brillante, merveilleuse? Une fois qu'on l'a, on est lié. Mais d'un autre côté: la donner à quelqu'un qui ait soif de connaissances, qui n'éprouverait aucune terreur à la pensée de cette claire perception...

—D'ailleurs,—risqua pensivement M. Hinchcliff,—ce peut être quelque fruit vénéneux. À ce moment son œil aperçut par la fenêtre du compartiment quelque chose d'immobile, l'extrémité d'un grand écriteau blanc avec des lettres noires:... MWOOD. À cette vue, il tressaillit:

—Bon sang!—s'exclama-t-il,—Holmwood!...

La réalité présente chassa soudain les imaginations mystiques auxquelles il s'était abandonné. Il ouvrit la portière, sa valise à la main. Déjà le chef de train donnait le signal du départ. M. Hinchcliff sauta sur le quai.

—Tenez!—fit une voix derrière lui.

Il vit les yeux brillants et sombres de l'étranger et le fruit doré, velouté et tentant sur la main ouverte de l'homme. Il le prit instinctivement et le train s'ébranla.

—Non!—cria l'étranger en faisant un geste comme pour le reprendre.